Victimes de la route

J'ai été victime d'un accident de la route

Que dois-je faire ?

Déposer plainte

Déposer plainte auprès du service de police ou de gendarmerie qui est intervenu sur place.

Si les forces de l’ordre ne sont pas intervenues et que vos blessures sont importantes, vous pouvez déposer plainte dans n’importe quelle gendarmerie ou commissariat de police.

À l’occasion de votre dépôt de plainte, pensez à faire mentionner lors de votre audition que vous vous constituez partie civile. En principe, cela doit vous permettre d’être informé de la suite qui sera donnée à votre plainte par le procureur de la République.

Que faire ensuite ?

Obtenir du service médical qui vous a pris en charge un certificat médical descriptif initial relatant vos blessures et la durée prévisible de votre incapacité, ainsi qu’un bulletin de situation si vous avez été hospitalisé plus d’une journée.

Veiller à ce qu’aucune blessure ne soit omise dans le certificat médical initial afin qu’on ne puisse pas ensuite contester le lien entre votre préjudice et l’accident.

Toujours demander à votre médecin traitant, à chaque consultation, un certificat médical décrivant l’évolution de vos blessures en invitant le médecin à préciser clairement qu’elles sont en relation avec l’accident.

Conservez autant que possible les originaux et ne transmettez à votre avocat ou assureur que des copies.

Ce qu’il faut faire enfin ?

Déclarer votre accident auprès de votre organisme social en lui réclamant le formulaire adéquat.

Déclarer votre accident auprès de l’assureur de votre véhicule si vous étiez à bord de ce dernier au moment de l’accident.

Que va-t-il se passer ?

Que va-t-il se passer maintenant ?

Le service de police ou de gendarmerie va instruire votre plainte en menant une enquête pour établir les circonstances de l’accident et les responsabilités des personnes impliquées.

Conformément à la loi, personne ne peut avoir accès au contenu de la procédure durant toute l’enquête.

Une fois l’enquête terminée, elle sera transmise au procureur de la République du tribunal dont dépend le lieu de l’accident.

Le procureur de la République décidera dans un délai plus ou moins bref s’il classe le dossier sans suite, s’il ouvre une information judiciaire confiée à un juge d’instruction ou s’il renvoie la personne présumée responsable devant un tribunal pour y être jugée.

Comment obtenir la copie du dossier pénal ?

Une fois que l’enquête est terminée, le service qui était en charge de la procédure en adresse une copie au procureur de la République ainsi qu’à un organisme dénommé TRANS-PV.

Une copie peut-être obtenue par l’intermédiaire de votre avocat directement au service du procureur de la République.

L’assureur de votre véhicule doit également solliciter une copie du dossier auprès de TRANS-PV et vous l’adresser, à première demande.

Attention, compte tenu de l’encombrement des services administratifs la transmission du dossier peut prendre plusieurs mois.

Qui va vous défendre ?

Théoriquement, rien ne vous interdit de vous défendre seul, mais à vos risques et périls.

L’expérience prouve que, du fait de la complexité du système judiciaire et de celui de l’indemnisation du préjudice, il est hautement souhaitable que la victime soit assistée par un professionnel qualifié du droit, et ceci le plus rapidement possible.

Vous pouvez aussi contacter une association d’aide aux victimes qui vous guidera et vous assistera dans vos premières démarches.

Dois-je prendre un avocat ?

Qui va payer mon avocat ?

En principe, vous devez faire l’avance de vos frais de défense et si vous n’avez aucune responsabilité dans l’accident, votre avocat pourra solliciter la prise en charge, au moins partielle du coût de cette assistance.

Le plus souvent, vous disposez d’une assurance protection juridique avec votre contrat auto ou multirisque habitation. Il faut vérifier sur votre contrat qu’une protection juridique a été prévue.

L’assurance protection juridique prendra en charge une partie des honoraires d’avocat selon un barème qui figure dans les conditions générales de votre contrat, ainsi que les frais du procès (frais d’huissier, coût d’expertise, etc.). Attention, les frais dépassant votre plafond d’assurance protection juridique sont à votre charge (lire votre contrat).

Puis-je choisir mon avocat ?

OUI, vous avez le libre choix de votre avocat et votre assureur ne peut en aucun cas vous imposer le sien.

Votre assureur ne peut vous refuser la mise en œuvre de la protection juridique au motif que vous auriez consulté un avocat préalablement et sans son accord.

Dans le cas du choix d’un avocat extérieur à la compagnie d’assurance, vous devrez avancer ses honoraires. Ceux-ci seront remboursés à hauteur du barème de votre assurance.

Il est conseillé de choisir un avocat spécialisé en la matière et de lui remettre une copie de votre contrat d’assurance protection juridique afin qu’il effectue pour vous une déclaration de sinistre.

Si je n’ai pas de protection juridique ?

Vous pouvez solliciter le bénéfice de l’aide juridictionnelle en retirant un dossier au bureau d’aide juridictionnelle du tribunal du lieu de votre domicile.

L’aide juridictionnelle est accordée si vos revenus sont inférieurs à un plafond fixé annuellement par décret. Ce bénéfice peut vous être retiré si, à l’issue de la procédure, vous obtenez un gain vous permettant de rémunérer votre avocat.

Si vous ne pouvez bénéficier de l’aide juridictionnelle et que vous n’avez pas de protection juridique, vous devrez rémunérer votre avocat mais celui-ci pourra demander au tribunal la prise en charge partielle du coût de votre défense.

Un avocat facture généralement sa prestation sur la base d’un taux horaire mais il est conseillé de conclure avec lui une convention d’honoraires où sera déterminée à l’avance sa rémunération.

Mon indemnisation sera-t-elle totale ?

Tout dépend de votre situation au moment de l’accident.

Si, lors de l’accident, vous ne conduisiez pas un véhicule à moteur (passager, piéton, cycliste, etc.), vous serez indemnisé des dommages corporels que vous avez subis, à l’exception de la faute inexcusable si elle a été la cause exclusive de l’accident.

Si vous étiez au volant de votre véhicule à moteur, votre droit à indemnisation ne sera total qu’à la condition que vous n’ayez commis aucune faute à l’origine de votre préjudice.

Si vous avez commis une faute à l’origine de votre préjudice, le montant de votre indemnisation pourra être réduit ou supprimé, selon les cas.

Qui va m’indemniser ?

Si vous n’étiez pas au volant d’un véhicule motorisé, vous pouvez diriger votre recours à l’encontre de l’assureur de tous les véhicules impliqués dans l’accident.

Si vous conduisiez votre véhicule, vous devez diriger votre recours contre l’assureur du ou des autres véhicules impliqués.

Votre assureur peut aussi prendre en charge votre indemnisation s’il a conclu avec l’assureur adverse une convention en ce sens.

Que va faire l’assureur qui doit m’indemniser ?

Il va prendre contact avec vous en vous adressant une notice vous précisant vos droits.

Si vos blessures sont importantes, il devra désigner un médecin chargé de vous examiner et de décrire vos blessures.

Si votre état de santé n’est pas consolidé (c’est-à-dire que vous n’êtes pas guéri), il devra vous verser une provision à valoir sur l’indemnisation de votre préjudice, pour autant que vous y ayez droit. Dès que votre état de santé sera consolidé, l’assureur vous adressera une offre d’indemnisation.

Que faire ensuite ?

Lorsque vous serez convoqué par un médecin de la compagnie d’assurance, vous pouvez vous faire assister par le médecin de votre choix, à vos frais avancés (démarche conseillée en cas de blessures importantes). Si vous n’êtes pas d’accord avec les conclusions du médecin-conseil, vous pouvez, avec l’aide de votre avocat, solliciter qu’un expert judiciaire vous examine.

Si vous n’êtes pas d’accord avec l’offre d’indemnisation qui vous est notifiée, vous pouvez la contester en saisissant le tribunal compétent.

Quand vous déposerez plainte, demandez une copie du procès-verbal de votre déposition comme la loi vous y autorise. Attention, ce n’est pas la même chose qu’une simple attestation de dépôt de plainte.

Relisez votre déposition de plainte avant de la signer et si nécessaire, n’hésitez pas à faire modifier ce qui ne semble pas conforme à votre déclaration.

Si possible, lors de votre plainte, remettez au policier ou au gendarme une copie de votre certificat médical initial des blessures.

N’oubliez pas que vous devez toujours prouver ce que vous dites. Il faut donc faire tout votre possible pour vous constituer systématiquement une preuve et la conserver.

Conservez autant que possible les originaux, ne remettez que des copies.

Constituez-vous votre propre dossier, placez-y tous ce qui a un rapport avec votre accident, y compris les articles de presse.

N’écrivez qu’en recommandé et accusé de réception.

Ne faites jamais de fausse déclaration.

Rappelez-vous que les procédures d’accidents de la route sont complexes et que les rouages de la justice et des assurances ne sont pas toujours facile à comprendre.

C’est pourquoi

Si vos préjudices sont conséquents, faites défendre vos intérêts par un avocat, de préférence spécialisé en la matière.