La profession

Historique de la profession d'Avocat

L'Antiquité : l'embryon d'une fonction

Chez les Grecs et les Romains, la profession d'Avocat n'existait pas. A Athènes, les accusés devaient se défendre eux-mêmes sur la base d'un discours écrit par un Grand Orateur, personnage comparable à un écrivain public.

Le Moyen Age : les fondements de la profession

Le Moyen Age voit apparaître les fondements de la profession d'Avocat. L'Ordre des Avocats est créé sous le règne de l'empereur Justinien 1er. L'édification des règles déontologiques prendra plusieurs siècles. Durant cette période, il devient obligatoire de prêter serment et d'avoir un niveau de connaissance suffisant pour exercer. Le titre de « Maître » est alors donné et la notion d'honoraires apparaît.

De la Renaissance à la Révolution : la consolidation des acquis

Le corps des Avocats est séparé des magistrats et les règles déontologiques sont réglementées par ordonnance. En matière judiciaire, l'inculpé n'a quasiment aucun droit, il est torturé et doit se défendre seul, l'Avocat agissant comme conseiller préalable, ce qui réduit considérablement son rôle.

De la révolution à la fin du Second Empire : la fin des privilèges oblige à renforcer l'autonomie

La révolution et les réformes qu'elle entraîne touchent aussi les Avocats. La torture est interdite et l'Avocat peut assister à l'instruction et à la plaidoirie mais le silence lui est imposé. Le barreau est tout d'abord supprimé (n'importe qui peut plaider) puis rétabli au XIX siècle. Par la suite, des barreaux de province sont constitués, l'immunité est accordée aux Avocats lorsqu'ils plaident et ils obtiennent le statut de profession libérale. En 1851, la gratuité de la défense des démunis devient obligatoire.

De la IIIe République au XXIe siècle : la profession s'organise et se féminise

Sous la IIIe République, l'Avocat devient un homme politique : sur 23 Présidents, 11 sont Avocats. En 1900, la profession s'ouvre aux femmes et Jeanne CHAUVIN devient la première Avocate. En 1941, le Certificat d'Aptitude à la Profession d'Avocat est institué. En 1971, la déontologie est redéfinie et les professions d'Avocat, d'avoué de première instance et d'agréés sont fusionnées. En 1992, les conseils juridiques rejoignent les Avocats.

Aujourd'hui : le défi de la modernisation

En 20 ans, de nombreux changements ont conduit la profession à s'adapter : multiplication des textes de loi, internationalisation des problèmes juridiques, émergence de nouvelles technologies, de nouveaux domaines de droit...

Colonnes

Histoire de la Robe

Au Moyen-âge, les Avocats étaient surtout des membres du clergé qui portaient la robe et le chaperon.
En 1540, la tenue des Avocats est codifiée : ils doivent porter une robe longue et un bonnet rond, tous deux noirs, la barbe leur est interdite et ils ne peuvent porter « des pourpoints ou chausses déchiquetés ».
Aujourd'hui, les Avocats, lorsqu'ils plaident, doivent porter une robe noire, rappelant la soutane de l'ecclésiastique.
Ils portent sur l'épaule une épitoge, avec, à son extrémité, de la fourrure blanche, à l'origine de l'hermine, actuellement du lapin.
Les docteurs en droit portent quant à eux une épitoge à trois rangs et les Avocats parisiens une épitoge sans fourrure.
L'origine de la perte de l'hermine sur l'épitoge des Avocats parisiens remonte à la Révolution : ils auraient décidé de la couper pour porter le deuil de Malesherbes, qui fut décapité pour avoir défendu Louis XVI.
Certains Avocats portent également, sur leur robe, des décorations (légion d'honneur...).
Le port de la robe permet à tous les Avocats de se retrouver sur un pied d'égalité devant la Justice.

Avocat